Published On: ven, Avr 1st, 2016

COTE D’IVOIRE: les chasseurs traditionnels Dozos prêts à combattre les jihadistes

« Nous  sommes prêts à épauler les forces régulières dans la lutte contre les  jihadistes », a affirmé à l’AFP Seydou Traoré, le coordonnateur national  de la confrérie des Dozos, ces chasseurs traditionnels qui assurent  parfois des tâches de sécurité.

Des Dozos avaient été aperçus à Bassam,  portant fièrement leurs longs fusils de chasse, après l’attaque qui a  meurtri la cité balnéaire le 13 mars.
Les Dozos ont également décidé, « en  tant qu’auxiliaires des forces de l’ordre, de ne pas rester les bras  croisés, voir ces animaux féroces +les jihadistes+ détruire (notre)  nation », après un conclave de deux jours tenu cette semaine à Gagnoa (230 km au nord-ouest d’Abidjan).
« Nous voulons user de nos pouvoirs  mystiques, destinés au départ à maîtriser les animaux féroces, pour  dompter ces terroristes jihadistes », a expliqué M. Traoré.
Ce conclave a décidé d' »une mobilisation des troupes +Dozos+, prêtes à riposter face à n’importe quelle attaque terroriste ».
Les Dozos sont devenus de facto des  supplétifs des Forces républicaines (FRCI), l’armée ivoirienne, depuis  la fin de la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011, qui a  fait quelque 3.000 morts.

Les Dozos avaient combattu aux côtés  des ex-rebelles du nord du pays, qui avaient porté le président Alassane  Ouattara au pouvoir en avril 2011, après le refus de l’ex-chef de  l’Etat Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à l’élection de novembre 2010.
Les Dozos seraient aujourd’hui environ  200.000, selon le ministère de l’Intérieur. Bien davantage que les  forces de sécurité ivoiriennes.
Ces chasseurs traditionnels ont fait  l’objet, fin 2013, d’un rapport accablant de l’Onuci, la mission de  l’ONU en Côte d’Ivoire. Selon ce rapport, les Dozos ont tué au moins 228  personnes et en ont blessé 164 entre mars 2009 et mai 2013.
Quinze personnes ont été arrêtées dans  le cadre de l’enquête de l’attaque à Grand-Bassam, tandis que Kounta  Dallah, le principal suspect est activement recherché.
L’attaque a été revendiquée par  Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en réponse à l’opération  antijihadiste au Sahel menée par la France et ses alliés.

Source: AFP

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